Jeudi 27 août 2009
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Publié dans : La mer, moi j'aime...
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C'était il y a quelques années. 13
ans déjà ! Le temps passe si vite. Nous étions au mouillage près d'une île dans la mer Rouge. Qu'y faisait-on ? Je ne m'en souviens plus. Enfin, si, mais ce n'est pas l'objet de ce
récit.
Quand on reste à l'ancre comme ça, on ne peut passer son temps à travailler ou à se
reposer, voire chanter et ripailler. Il faut aussi trouver des activités pour que l'équipage s'occupe en s'amusant.
Donc, il avait été organisé une partie de pêche. Pas de surprise ici. Les eaux
regorgent de poissons voraces, énormes et succulents. On allait avoir de bonnes prises. Et puis le but n'était pas la pêche en elle-même mais la distraction.
Et donc voilà, tout le monde parti pour la pêche.
C'est intéressant à observer un équipage. Il y a de tout, notamment en matière de
pêche. Il y avait des pros, qui avaient tout un attirail qui avait dû leur coûter une fortune, et d'autres avec des moyens plus modestes. Mais les pros ne rechignaient pas à prêter leur matériel.
C'est l'esprit d'équipage.
Parmi ceux qui étaient les plus mal équipés, il y avait 2 tahitiens. Eux, ils sont nés
avec la pêche inscrite dans leurs gènes. Ils avaient pour pêcher un vague fil de pêche enroulé sur une planchette et un hameçon bricolé, je me demande encore si ce n'était pas un clou tordu.
C'était eux qui ramenaient les plus grosses prises avec leur matériel bricolé. Une fois, ils ont même remonté un petit requin d'un mètre qui, arrivé à bord, a fait miraculeusement le vide
sur le lieu de pêche. Enfin le vide, sauf mes 2 gaillards. Il faut dire qu'ils faisaient plus de 100 kg chacun, chaussaient au moins du 50 et qu'on leur parlait gentiment habituellement. Mais
heureusement, ils étaient tous les 2 adorables et serviables. 2 garçons qu'on aimait bien avoir avec soi quand on allait faire un tour à terre.
Donc, mes 2 gaillards se sont occupés prestement du requin, l'ont envoyé dans un monde meilleur et se sont mis à
découper la bête. Ils sont gentils mais ils ont des habitudes qui, au moins en ce qui me concerne, ne sont pas à mon goût : ils mangeaient les yeux des poissons. Je ne sais pas si c'était un jeu
pour s'amuser de nous ou si c'était vraiment par goût.
Enfin, quoiqu'il en soit, ce jour-là, ils m'ont proposé d'en déguster un.
J'ai refusé poliment en prétextant la proximité du repas et un régime en cours. Un peu déçu, il l'a avalé aussitôt. Je n'ai pas appelé Raoul à ce moment-là mais le coeur était au bord des lèvres
quand même.
Cela montre la diversité des habitudes sur cette terre mais que l'on peut les faire cohabiter en harmonie dans
un petit espace, à partir du moment qu'il y a des règles que tout le monde respecte. Je vais arrêter l'histoire sur cette pensée.
Conversations de Carrés...